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9 - LA TROUCHE

Jusqu’en 1273, la Lorraine est rattachée à la Germanie où les ducs sont d’abord des représentants du souverain allemand. C’est à la fin du XIème siècle que ceux-ci deviennent indépendants mais toujours vassaux de l’Allemagne. Le premier duc héréditaire est en 1047, Gérard d’Alsace auquel succède son fils Thierry. En ce temps au vu d’une situation géographique qui l’impose, une agglomération assez importante existe sur l’emplacement de Raon. Elle doit apparaître lorsque les marais de la vallée sont desséchés et les rivières endiguées. L’endroit étant un point de jonction, il se rencontrent une population dissemblable, effectuant des échanges de produits et de denrées. Toutefois l’agglomération la plus ancienne est Vézeval (plus tard et plus reculée : La Trouche).


LE VILLAGE DE VEZEVAL
( Vysevav - Vyzewals - Vyrevauls - Veuzevalle - Veusval - Veiseval - Wessvall - Vézeval )

Vézeval sur la route du Charmois


Vézeval provient de la donation du seigneur Beggon qui comprend une étendue de deux lieues de pays en longueur sur une ligne de largeur. Il est à son commencement plus rapproché de Raon que ne l’est aujourd’hui La Trouche. Sans savoir avec certitude sa localisation exacte sur le terrain, la première mention de ce village de Vézeval apparaît au 9ème siècle lors de la confiscation de l’abbaye en 1062 par le roi Lothaire II. 


Au cadastre le lieu-dit se nomme «l’Ermitage». Véseval est situé sur la rive droite de la Plaine à proximité du confluent du ruisseau du Charmois (vallon emprunté jadis par voie du sel Metz / Sélestat en passant par le Donon (la Stratamatorium). Vézeval offrant un sol plus sain que celui de Raon et l’ermite Saint-Léger, disciple d’Hydulphe puis des moines s’y retirent pour fonder une «cellaë» : une hôtellerie où lieu de prières sur les terres de l’abbaye de Moyenmoutier. Les «cellaës» sont des prieurés de moindre importance, des propriétés « ban » que les abbayes créent autour d’elles prenant forme durant le 8ème siècle. 


Peu à peu et avant 965, se groupent et s’implantent donc des habitants qui constituent ensuite un village populeux. Celui-ci constitue ainsi le ban de Vézeval, propriété la plus importante de l’abbaye de Moyenmoutier. Sans confirmation, il est rapporté que Hydulphe lui-même, s’est retiré à Vézeval pour y décéder en 707. 


L’église paroissiale dédiée à Saint-Léger est desservie par les moines de Moyenmoutier. Ces abbés fondent plus tard un couvent de Bénédictins. Après la fondation de Raon, cette église demeurant encore mère église de Vézeval, se voit dépeupler au profit de Raon ville fortifiée.

A l’issue d’une constante régression de la population, ce lieu marque sa fin définitive lors du passage des Suédois puis lors des épidémies. Le hameau est entièrement détruit pendant la guerre de Trente-Ans et peu à peu les maisons tombent en ruines. 


Aujourd’hui, il ne reste qu’une croix sur la route du Charmois à La Trouche. Elle se situe à l’emplacement où s’est implantée l’église avec son lieu de sépultures de ses riverains. Sur la gauche de la route menant du carrefour de la Croix Blanche à la Trouche, cette croix s’élève sur l’emplacement de l’ancienne église Saint-Léger du village de Vèzeval.


 Le hameau de la Trouche
Le hameau de la Trouche

DESCRIPTION

La croix Yocom - route du Charmois


Le monument est entièrement réalisé dans un grès rose. 
De bas en haut, un socle composé de deux dalles de grès superposées. Vient ensuite le piédestal lui-même débutant par un petit piètement composé d’un bandeau auquel succède un rétrécissement en biseau. 
Sur la face avant et au centre du piétement se trouve une petite niche à fond plat qui devait contenir la statuette d’un saint. Deux trous de section carrée situés au dessus de cette niche indiquent qu’il existait à l’origine une protection (petite grille ou barreaux …) 
La colonne d’un diamètre de 300 mm est portée par le piédestal est un parallélépipède dont les quatre faces sont galbées. Il se termine dans la partie haute par un évasement en biseau. Une corniche massive couronne le piédestal. Sobre, elle comprend de bas en haut : un élargissement en cavet, un large bandeau, puis elle se rétrécit par un autre cavet inversé. 
Le chapiteau (ou le tailloir) est sans doute disparu. 
La croix qui surmonte le monument est sobre, petite, disproportionnée. Ce n’est sans doute pas la croix taillée par François YOCOM. Elle devait sans doute être plus travaillée, avec des dimensions plus importantes. L'actuelle est une croix latine avec pied, simple, sans Christ. Le haut de la hampe possède un phylactère comportant l’inscription INRI . Sur la face avant du piédestal une inscription est gravée.

OBSERVATIONS

A son emplacement existe avant la Révolution une autre croix, commémorative, détruite par Jean Baptiste VALENTIN mais dont il ne reste rien. François YOCOM a peut-être repris le texte qui se trouve sur celle-ci en ce qui concerne «l'ancienne église de Vèzeval». 
Cette croix commémorative est unique, par son style, sur le territoire la commune de Raon l'Étape et dans les environs immédiats : un piédestal convexe sur ses 4 faces, ainsi qu’un fût constitué d’une colonne avec niche. 
En revanche, l’inscription gravée, simple, rudimentaire, sans cartouche, dénote par rapport à l'ensemble. 


La famille YOCOM est originaire du Tyrol ; un ancêtre Hans YOCOM baptisé à Missich en 1654 est arrivé à La Neuveville comme tailleur de pierres. Il a sans doute fait partie de ces populations immigrantes appelées sous Louis XIV et le Duc Henri IV à repeupler la Lorraine dévastée par la guerre de Trente-Ans et les épidémies. Il se marie en 1689 ou 1690 avec Marguerite MAUBRE puis meurt en 1710. Dans sa descendance, il est trouvé des maçons tailleurs de pierres particulièrement un François YOCOM baptisé en 1776 et décédé en 1843 à Raon l’Étape. Il s’agit sans doute du sculpteur, auteur de la croix de Vèzeval ; en 1823, il avait 46 ans.

LA CENSE DE COEUR (Koeur)


Dans le domaine de la forêt du Grand-Reclos et après avoir emprunté une grande allée, le château de la Cense de Cœur (ou Koeur) fait son apparition. Longtemps ce domaine de 13 hectares appartient à l’évêque de Trèves puis ensuite au Baron de TÜRKHEIM. 


Construit à l’emplacement d’une ferme au 19ème siècle, cet édifie blanc rehaussé d’un étage de grès rose est incendié à la fin de la dernière guerre. Les hospices civils de Lunéville en font les propriétaires jusqu’en 1961. 


Peu à peu, il tombe en ruine jusqu’à son rachat par la fédération Naqchibandi de France regroupant quatorze associations soufies turcophones rassemblant 1200 adhérents de Metz (57), Mâcon (70), Grenoble (38), Strasbourg (67), Delle (90), Dijon (21) et Bordeaux (33). 


Par des bénévoles de cette associations, le château et domaine sont ainsi rénové. Les travaux durent deux ans et demi où deux millions d’euros de dons contribuent à cette transformation.

 La Cense de Koeur
La Cense de Koeur (Coeur)
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